Le songe de Bergès Pierre Luu, artiste invité
Du
Audience
TOUT PUBLIC
Type Événement
En hommage à l’ingénieux Aristide Bergès (1833-1904), Pierre Luu invite à jouer avec les principes de l’énergie hydraulique à l’aide d’une machine énigmatique dont le public devra mettre en action pompes et engrenages. Plus loin, de drôles de fleurs, comme échappées des papiers peints de la maison, brumisent et rafraîchissent.
Comment est né Le Songe de Bergès ?
Le projet est né d’une carte blanche imaginée pour le Département de l’Isère dans le cadre de sa saison culturelle sur le thème de l’eau, puis à la Maison Bergès, en hommage à Aristide Bergès et à l’histoire de la houille blanche. J’ai tout de suite eu envie de travailler autour de l’énergie hydraulique, mais sans faire une démonstration figée ou purement technique. J’ai imaginé deux installations complémentaires. La première prend la forme d’une machine hydraulique mobile, activée directement par le public. Les visiteurs manipulent l’eau, actionnent des pompes, des vannes, des circuits… En expérimentant physiquement le système, ils comprennent comment l’énergie circule et se transforme. J’aime l’idée d’une « machine à rêve » : quelque chose qui fonctionne réellement, mais qui ouvre aussi un imaginaire.
Concrètement, à quoi va ressembler cette installation ?
On va découvrir une structure mécanique assez immersive où les visiteurs deviennent vraiment acteurs du dispositif. Ils pompent, déclenchent des mécanismes, mettent l’eau en mouvement. Tout est pensé comme une expérience à la fois pédagogique et sensible. À côté de cela, il y a un second univers beaucoup plus onirique, composé de fleurs suspendues, de brumisation et de jeux de matières. Je me suis inspiré de formes végétales, mais aussi de certaines esthétiques, où la nature et les flux occupent une place centrale. J’avais envie que le public passe d’un rapport très concret à l’eau à quelque chose de plus contemplatif, de plus flottant.
Vous évoquez souvent ce lien entre technique et imaginaire…
Oui, parce que pour moi les deux ne s’opposent jamais. La technique n’est pas froide. Elle peut devenir sensible dès lors qu’elle produit une expérience. Dans Le Songe de Bergès, il y a évidemment toute une base hydraulique très précise, liée à l’énergie, aux flux, aux pressions. Mais cette mécanique sert avant tout à ouvrir une sensation, une émotion, un imaginaire collectif. L’eau peut être comprise rationnellement, mais elle peut aussi être rêvée. C’est cet équilibre-là qui m’intéresse depuis toujours.
L’eau est à la fois ludique, sensorielle et profondément universelle. Elle rassemble. Elle peut être scientifique, poétique, politique aussi. C’est une matière qui parle à tout le monde.
Villard-Bonnot