Les quatre fleuves du paradis Création Jerome Rasto

Du

5juillet2026
30septembre2027

Audience

TOUT PUBLIC

Type Événement

Dans le jardin médiéval de Saint-Antoine-l’Abbaye, autour de la fontaine aux dragons, Jerome Rasto bouscule les codes. Ses peintures, inspirées de l’iconographie du Moyen Âge et de la pop culture, réinventent les quatre fleuves du paradis et les jardins qui leur font écho.

Comment votre univers, entre enluminures médiévales, vitraux et street-art, s’est-il construit ?

J’ai toujours été fasciné par le Moyen Âge, sans jamais m’y enfermer. Enfant, deux livres m’ont particulièrement marqué : un sur Jérôme Bosch et surtout Les Très Riches Heures du Duc de Berry. Ces enluminures foisonnantes de détails, narratives, presque grouillantes de vie, m’ont happé. Le vitrail a complété cette fascination : sa transparence, sa manière de capter et de transformer la lumière, l’épaisseur du trait… C’est comme une BD médiévale qui raconte des histoires à travers les gestes, les inclinaisons, les couleurs. À 18 ans, cette passion pour le vitrail était déjà très forte. Après un passage aux Arts Décoratifs de Limoges, j’ai continué en autodidacte. Mon père, peintre, m’avait initié très tôt : je fermais les tubes, nettoyais les pinceaux… Plus tard, j’ai eu envie de sortir de l’atelier pour dialoguer directement avec les gens. Le street-art m’a permis ce mélange : je mixe l’énergie urbaine et les mythes intemporels (vie, mort, divin, légendes). Tout le monde porte ces questionnements universels. Mon travail devient un pont entre sacré et profane, médiéval et contemporain (avec des clins d’œil à Mario ou à la pop culture).

J’explorerai le caractère à la fois sacré et magique de l’eau : fontaine de jouvence, purificatrice, vitale, mais aussi profane et mystérieuse. L’idée est de faire parler le lieu lui-même.

Pourquoi le jardin médiéval de Saint-Antoine-l’Abbaye vous a-t-il particulièrement inspiré ?

Ce jardin est une évocation du Paradis terrestre, structuré autour des quatre fleuves du Paradis. Il est coupé du monde : on y perd la notion du temps. En arrivant, tout était déjà là : la fontaine aux dragons, les sources, les végétaux, les fenêtres aveugles… C’était une invitation à redonner vie à ces espaces par le vitrail et la couleur. Le jardin des simples (plantes médicinales, remèdes contre le « mal des ardents »), le jardin andalou, le jardin du parfumeur… Chaque partie raconte une histoire de soin, de contemplation et de lien à la nature. J’y ai vu un paradis rêvé, propice à la spiritualité et à la rêverie.

Lieu

Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye

Contact

Le Noviciat
38160 Saint-Antoine-l'Abbaye
04 76 36 40 68